Democratie participative

DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE : RÉALITÉ OU ILLUSION 

Pourquoi ce choix ? Parce que comme chacun d’entre vous j’avais implicitement intégré que la démocratie représentative était la seule option possible, sans jamais m’interroger sur celle-ci, puisque l’ensemble des pays démocratiques s’en sont inspiré et s’en inspirent toujours en utilisant même la force pour l’installer là ou elle n’existe pas.

Alors si la démocratie, dans son sens étymologique, désigne le gouvernement par le peuple, cet idéal, comme chacun sait, est né à Athènes au 6è siècle avant JC du rejet de la loi du plus fort et de la hiérarchie sociale au profit des principes d’égalité et de liberté, toute forme différente et affublée d’un quelconque adjectif peut susciter une interrogation et demander l’examen de la place de cet idéal dans l’organisation et la direction des affaires publiques.Sans omettre, bien entendu, de regarder d’un peu plus près la persistance d’une forme d’oligarchie mondiale ainsi que la place faite à l’autocratie dans notre société.
Mais revenons à notre sujet car déjà à Athènes, au siècle de Périclès, l’idéal démocratique en avait déjà pris un sacré coup. Le pouvoir du peuple, loin d’être le pouvoir de tous, était uniquement celui du « démos » c’est à dire du peuple citoyen se composant exclusivement de personnes de sexe masculin âgées de plus de 20 ans et descendants de parents nés à Athènes.Ceci apportant une certaine relativité à la notion de peuple dans laquelle la citation de George Orwell reprise par Coluche : je cite « Les hommes naissent libres et égaux ,mais certains sont plus égaux que d’autres. » prend toute sa signification.
Pourtant tout n’était pas à jeter aux orties car ce « démos » (ce peuple) tiré au sort et ramené à sa plus simple expression exerçait tout de même un pouvoir effectif et à part égale entre ses membres.
Bien entendu il ne s’agissait que d’une égalité politique mais une égalité totale avec des conséquences sur la vie quotidienne car elle attribuait au citoyen un statut particulier en lui conférant des privilèges incontestables en compensation d’un lot de devoirs civiques et charges diverses contraignantes desquels ils ne pouvaient se soustraire.( lois, justice,service militaire …..Etc.)
Aussi, cette expérience de démocratie directe, n’a été que celle d’une étoile filante car les citoyens d’Athènes ne la vécurent que quelques décennies et les tyrans se firent un plaisir de la mettre à bas.
Mais oublions Athènes, faisons l’impasse de 2500 ans d’histoire et de quelques expériences démocratiques de ci, de la, dans le monde. Revenons chez nous et essayons d’appréhender ce qu’est la réalité de la pratique du pouvoir dans notre « démocratie dite représentative ».
La définition communément admise inscrite dans la constitution de 1946 et reprise comme principe par l’article 2 de la constitution de 1958 est la suivante «  la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.»
Pourtant cette définition érigée en principe constitutionnel est de facture récente (19ème siècle) puisque empruntée à Abraham Lincoln, qui lui même ne faisait qu’exprimer la pensée d’Aristote et de Spinoza.
D’Aristote qui disait que la démocratie ne pouvait s’entendre que par un gouvernement des pauvres ou des gens peu fortunés et de Spinoza qui pensait que la démocratie était «  l’union des hommes en un tout qui a un droit souverain collectif sur tout ce qui est en son pouvoir.»
Mais comme il y a loin de la coupe aux lèvres, Abraham , comme ses prédécesseurs et ses successeurs , s’est bien gardé de la mettre en application et s’est vite coulé dans le moule de cette forme de démocratie   qui n’a été pensée par les pères fondateurs que pour légitimer des régimes instaurés par ceux qui justement craignaient le pouvoir du peuple.
Selon les dires de Takis Fotopoulos, sociologue et philosophe Grec contemporain, les pères fondateurs de la constitution américaine ne voulant pas d’une démocratie directe l’on imaginée en ayant comme objectif réel de dissoudre le pouvoir populaire  afin de garantir que le système démocratique qui prétendait répartir le pouvoir à égalité serait bien compatible avec la dynamique de l économie de marché.
Économie de marché qui provoquait en 1783 une concentration du pouvoir fédéraliste entre les mains d’une élite qui n’avait surtout pas l’intention de le partager.
Alors et toujours selon Takis Fotopoulos, il était nécessaire d’instaurer un système dans lequel, surtout pour faire illusion, le contenant porterait le nom de démocratie et le contenu serait à l’initiative de l’oligarchie dominante.
Ainsi fut pensée et mise en place la démocratie représentative qui est à la démocratie ce que la limonade est au canada Dry .
Et débute ainsi L’illusion démocratique……….. car la démocratie représentative crée aux Etats Unis pour les besoins d’une économie de marché ne pouvait se satisfaire ou se soumettre à un contrôle permanent du peuple qui l’aurait alors empêché, comme nous pouvons le constater chaque jour, de tisser les mailles de son filet autours du monde dans le secret et à l’abri des regards et ainsi s’ériger en système.
En ce qui concerne notre pays l’illusion démocratique est encore plus flagrante car le cynisme a été poussé à l’extrême par les rédacteurs de la constitution de 1958, en y inscrivant dans son article 2 un principe de démocratie directe tout en le bafouant immédiatement en permettant d’intégrer sous le vocable de démocratie représentative la mise en place et l ‘évolution d’un régime dans lequel un pouvoir présidentiel excessif, protégé par les articles 16, 67 et 68, pourrait mettre en danger les libertés qu’elles soient publiques ou individuelles ( cf la dernière loi sur le secret des affaires) afin de protéger le système marchand mondialisé.
Mais il est vrai que l’assemblée constituante de l’époque présidée par un oligarque (Michel Debré) membre du gouvernement a été pensée par et pour un oligarque chef de l’État (De Gaulle) dont la prise de pouvoir pose encore interrogation.
D’ailleurs à y regarder d’un peu plus près notre pays n’a jamais connu de véritable régime démocratique, car le pouvoir à toujours été détenu par une oligarchie dominante – Joseph Sieyès en 1789 se fit leur porte parole. Véritable théoricien de la démocratie avec Condorcet ce sont, en définitive, ses préconisations sur une démocratie représentative qui furent retenues et déterminèrent son adoption par la suite.
Véritable génie de la manipulation Sieyès expose dans son discours du 7 septembre 1789 devant l’assemblée nationale les termes d’une véritable démocratie directe mais en même temps il en donne les clés pour la détourner : Quelques extraits car ils sont d’actualité :
sur la production de la loi et la séparation des pouvoirs – (cad pouvoir du peuple)
extrait «  la seule définition raisonnable qu’on puisse donner de la loi, est de l’appeler l’expression de la volonté des gouvernés. Les gouvernants ne peuvent s’en emparer, tout ou partie, sans approcher plus ou moins du despotisme »
Cela signifie donc qu’un régime dans lequel les gouvernants font eux mêmes la loi , sans qu’elle soit l’expression de la volonté populaire s’approche plus ou moins du pouvoir absolu.
Bien entendu nous n’en sommes pas encore là mais en examinant d’un peu plus près le fonctionnement de nos institutions nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que c’est l’exécutif (c’est à dire le Président de la République) qui établit la totalité des règles coercitives, qu’il est maitre du calendrier législatif et qu’il impose sa volonté au parlement à travers une majorité d’élus godillots.
Je continue :
extrait «   Si donc l’exercice du pouvoir exécutif donne une expérience, procure des lumières qui peuvent êtres utiles au législateur, on peut bien écouter ses conseils et l’inviter à donner son avis ; mais cet avis est autre chose qu’une volonté. Il ne doit point, je le répète, entrer dans la formation de la loi, il ne doit point contribuer à la faire……. il est certain, et nous l’avons aussi prouvé, que le pouvoir exécutif n’a aucune espèce de droit à la formation de la loi………… l’histoire nous apprend à redouter les attentats du pouvoir exécutif sur les corps législatifs bien plus que ceux du pouvoir législatif sur les dépositaires de l’éxécutif …….. »
Là encore nous ne pouvons qu’admirer cette condamnation sans appel d’un système permettant à l’exécutif d’élaborer lui même la loi.
Mais c’est sur le mode de représentation, c’est à dire sur le mandat électif, que la fourberie de Siéyes entre en action car celui -ci conteste par avance la valeur du vote d’un représentant guidé par son électorat et rejette ainsi le mandat impératif issue de la démocratie directe.
Dans la suite de son discours, que je vous invite à consulter, Sieyès énonce l’axiome fondamental de la démocratie, à savoir que le citoyen devrait concourir à faire la loi mais il esquisse simultanément un argument pour l’en écarter :
je cite : «  Les citoyens ignares et trop occupés à travailler peuvent donner leur confiance à quelques uns d’entre eux. Et quand une société est formée, on sait que l’avis de la pluralité fait loi pour tous .Ce raisonnement , qui est bon pour les plus petites municipalités devient irrésistible quand on songe qu’il s’agit ici des lois qui doivent gouverner 26 millions d’hommes, car je soutiens toujours que la France n’est point, ne peut pas être une démocratie………» fin de citation
Et il enfonce le clou un peu plus loin : «  Donc les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux même immédiatement la loi : donc ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. Toute influence, tout pouvoir leur appartiennent sur la personne de leur mandataire ; mais c’est tout. S’ils dictaient des volontés ce ne serait plus cet État représentatif, ce serait un État démocratique »
CQFD car ce discours intervenu seulement 2 mois après la révolution de juillet les aspirations démocratiques du peuple sont définitivement enterrées et depuis cette date il faut reconnaître qu’il n’y a rien de nouveau à l’ouest.
Ces extraits des discours de Sieyès fastidieux mais néanmoins indispensables pour essayer de bien comprendre les conditions dans lesquelles la démocratie dite «  représentative » en se substituant à la démocratie directe a répandu le terreau dans lequel a pu prendre naissance et prospérer un système oligarchique tant sur le plan national que mondial à qui elle sert d’alibi.
Herve Kempf dans son livre « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie »  met en garde contre le risque d’absolutisme que représente la concentration toujours plus croissante du pouvoir décisionnel et du contrôle des institutions par une élite restreinte de dirigeants politiques, de grands chefs d’entreprises, d’acteurs financiers ou de journalistes influents.
Ceux-ci constituent ce que nous pourrions appeler la « caste », toujours plus puissante, dite « politico-médiatico-financière », dont les membres délibèrent entre eux de décisions devant s’appliquant à l’ensemble d’une population alors que les dites décisions n’ont pour finalité exclusive que de servir, consciemment ou inconsciemment, leurs seuls intérêts particuliers avant tout.
Les quelques exemples qui vont suivre et puisés dans le manque de représentation des différents corps sociaux existants au sein des plus éminentes fonction décisionnelle de l’État, démontrent pourquoi notre démocratie dans les textes est un régime oligarchique dans les faits.
En 2017 la consultation des déclarations publiques de patrimoine des membres des hautes instance publiques, des membres des parlements, ou des membres du gouvernement il ressort que les classes moyennes ou populaires qui représentent 80% de notre population sont peu ou pas du tout représentées.
A l’exception des retraités qui sont, rajeunissement oblige, 41 contre plus d’une soixantaine durant la précédente mandature, la structure professionnelle des députés reste relativement similaire à celle de 2012. On trouve bien 1 aide-soignante, 51 employés, 14 agriculteurs et 11 artisans et commerçants. Mais les plus représentés sont les cadres (185 députés en sont), les fonctionnaires (au nombre de 130) et les professions libérales (87 députés). Et des ouvriers ? Il y en a zéro.
En s’attribuant ainsi un tel exercice de concentration des pouvoirs institutionnels, la fonction politique représentante d’un unique corps social, assoit sur le reste de la nation une certaine domination autoritaire sans jamais en avoir récolté pour cela de mandat absolue.
D’ailleurs, pour éviter de se trouver entravés par ce genre de critiques égalitaristes, les Présidents de la République à tour de rôle, ont pris soin, durant ces 60 dernières années de Ve République, de détourner un peu plus loin à chaque modification de la loi fondamentale le rôle médiateur du référendum prévu par la Constitution pour son peuple souverain.
Chacun a encore en tête le coups de Jarnac du rejet de la constitution européenne par un peuple souverain mais réintroduit par une classe politique qui a préféré bafouer ses mandants et la démocratie plutôt que de risquer de déplaire au système.
Mais ce n’est pas tout car les modifications constitutionnelles successives, toujours effectuées sans demander l’avis du peuple en violation flagrante de l’article2 ont vu le renforcement du pouvoir Présidentiel pour devenir aujourd’hui une puissance presque absolue.
Assis sur un gouvernement discipliné et armé de son parlement dévoué le Président de la République possède sur tous les sujets militaires, exécutifs, législatifs et constitutionnels, infiniment plus de pouvoir concentré que ne pouvait en détenir un monarque ayant comme ce dernier le pouvoir d’utiliser les forces armées au gré de ses fantaisies ou pour défendre certains intérêts privés au risque d’entraîner le peuple dans un conflit pour lequel il n’est pas consulté. On utilise d’abord et on demande son avis aux représentants du peuple après.D’ailleurs pourquoi s’en priverait–il puisque la fonction politique devient plus un métier qu’une simple activité de service public. Métier qui permet, une fois élu,de conserver les privilèges de ce que l’on pourrait qualifier de travail lucratif.
Et comme tout salarié se doit d’obéir à sa hiérarchie pour conserver son emploi il se crée immanquablement pour les élus majoritaires de l’assemblée,un lien de subordination au pouvoir exécutif .
Transformant ainsi le mandat donné à l’élu par le peuple pour le représenter en mandat impératif envers le parti représentant du vainqueur de l’élection présidentielle.
Bien qu’interdit par l’article 27 de la constitution ce mandat impératif tacite envers la volonté politique d’un seul corps social rend leurs votes sans objets et transforme les élus parlementaires majoritaires censés être libres de leurs choix en simples subordonnés astreints par le pouvoir central, ce qui devrait avoir pour conséquence de rendre un tel exercice du pouvoir techniquement illégitime.
Fatalement ce rôle de moutons législateurs enchainés par leur berger politique, les forcera ensuite d’une manière ou d’une autre à renier ce pourquoi ou par qui ils ont été élus et toutes ces mystifications de campagne, un peu plus visibles à chaque nouveau suffrage, ne font que nourrir davantage la colère populaire, engendrant ainsi les taux d’abstention records et la fréquence de l’alternance stérile qui découlent des votes «sanctions» depuis une quinzaine d’années.
D’ailleurs, c’est pour prévenir l’absence de légitimité qu’offre ce type de régime oligarchique que notre Constitution dans son article 2 exhorte l’utilisation de la démocratie directe (référendum) comme solution. Alors, comment ce seul corps social représenté par la fonction politique dirigeante, peut-il abusivement continuer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes
Et de ce fait, nous ne pouvons en tant que francs-maçons du GODF, ignorer la crise de confiance des citoyens à l’égard des institutions de la République, ou plus exactement à l’égard de la classe politique, en tous cas, pour ce qui me concerne,
je ne suis pas loin d’y voir même une crise de la citoyenneté tant est nourrie la confusion permanente entre citoyenneté, participation, et souvent adhésion aux simulacres de fonctionnement démocratique.
Mais là ou continue l’illusion c’est que la légitimité, qui fonde l’autorité de l’élu qu’elle soit politique ou morale, entre en contradiction avec les conditions d’accès au pouvoir et avec son exercice.Même s’il est formellement vrai de dire que son accès est démocratique ( tout le monde peut y accéder) il est en revanche faux de déclarer que les conditions réelles de cet accès le sont car le pouvoir est dans les faits monopolisé par les membres du sérail qui en interdisent les accès en érigeant de telles conditions qu’ils en limitent la possibilité au simple citoyen.
(outre les conditions liées à l’état civil il faut recueillir les signatures de 500 élus validées par le Conseil constitutionnel. Elles doivent provenir d’au moins 30 départements et 10 % des parrainages maximum  peuvent venir d’un même département
Il y a inéligibilité dans certains cas pour un candidat si celui ci a une fonction de militaire, de préfet, de magistrat, de haut-fonctionnaire, etc.
La constitution d’un compte de campagne doit aussi être déposé afin que le Conseil constitutionnel et la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques en vérifient la régularité.Depuis 1988, plusieurs lois ont été votées afin d’assurer la transparence du financement des campagnes électorales. L’une d’elles plafonne notamment les dépenses de campagne. Pour les élections législatives de 2017, ce plafond est de 38 000 euros par candidat. Il est majoré en fonction de la population de la circonscription (0,15 euros par habitants). En cas de dépassement, les comptes de campagne peuvent être rejetés, ce qui entraîne le non-remboursement des dépenses. La commission peut également prononcer l’inéligibilité d’un candidat pour une durée maximum de trois ans. l’État rembourse une partie des dépenses électorales. Pour cela, le candidat doit réunir un certain nombre de conditions  entre autre avoir obtenu plus de 5% des suffrages exprimés.)
Le système démocratique représentatif réussit ainsi l’extraordinaire tour de force de donner l’illusion d’une expression politique libre , mais dans la réalité elle débouche sur des procédures excluant la grande masse des citoyens des véritables décisions, et en même temps il facilite l’accès au pouvoir de groupes de pression qui en maîtrisent tous les stades par un contrôle de l’information et des moyens de diffusion.
Ainsi, les médias sont devenus le lieu de luttes d’influence féroces dont certains des enjeux principaux sont l’emprise sur l’espace public, le contrôle des productions et, en définitive, la confiscation des libertés car si ceux ci ne fabriquent pas, à proprement parler, le consentement des peuples, ils sont parvenus, en quelques décennies, à réduire considérablement le périmètre du politiquement pensable, en reléguant par disqualification les voix contestant l’ordre social, et à imposer la centralité et la crédibilité des thèses et des solutions du système.
Pour ce faire, ils ont construit jour après jour, par un unanimisme savamment organisé, un consensus qui tient pour évidentes et naturelles une doctrine sociale, une organisation économique et des options politiques qui protègent et favorisent les intérêts de l’oligarchie dominante.Trop souvent, les pratiques journalistiques ordinaires déforment et distordent l’information y introduisent à chaque instants biais factuels et parti-pris interprétatifs.
Mais surtout, loin de garantir une information et des débats pluralistes, indépendants et équilibrés, les chefferies éditoriales exhibent leurs petites différences mais renient toute autonomie pour participer avec délice au grand jeu du pouvoir dans le sillage des classes dirigeantes qui les ont plus ou moins cooptées.
Quant aux grandes entreprises médiatiques, elles sont devenues des vecteurs d’influence que s’arrachent les oligarques du grand capitalisme. Même si la plupart des journalistes n’exerce pas le même métier que les professionnels du commentaire ce sont toutefois ces derniers qui orchestrent les pouvoirs des médias dominants.
Ainsi le rôle dévoyé qui leur échoit confère aux médias et à ceux qui les dirigent une fonction d’intégration idéologique de la classe dominante et de chambre d’écho de ses préoccupations, ainsi qu’un rôle de relais et d’auxiliaires des pouvoirs politiques et des puissances économiques – un rôle de «chien de garde» en somme.
Observez comment des journalistes, politiciens, hommes de culture ou de pseudo-culture, experts auto proclamés,et j’en passe, circulent d’un organe à l’autre, d’un espace à l’autre et constituent cette caste fermée qui ne conçoit de débat qu’entre ses membres, et dans ce domaine la télévision est devenue très rapidement hégémonique.
c’est donc ce pouvoir de domination,même s’il paraît symbolique, qui doit être dénoncé et combattu car l’on ne peut pas négliger son rôle dans la création de cette l’illusion démocratique dans laquelle les citoyens sont maintenus.
Le sujet est d’importance et mériterait un plus long développement mais le temps nous manque et cet exposé serait incomplet si l’on passait sous silence le rôle déterminant des partis politiques dans ce simulacre de démocratie.
Crées pour être des lieux de réflexion propice au bouillonnement d’idées, les partis sont devenus, au fil du temps, des instruments de gestion d’un système de promotion du personnel politique dont ils ont besoin pour assurer leur existence.
Leur puissance d’intervention, et le quasi monopole qui est le leur sont tels qu’ils sont, et les exemples foisonnent, des machines à recycler un personnel parfois corrompu, mais toujours intéressé. Facilitant même, à des escrocs de haut vol, spécialistes de détournement de fonds publics, et parfois de manipulations d’élections de retrouver leurs sièges d’élus. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de donner des exemples chacun d’entre nous les a en mémoire.
Et pourtant ils sont les seuls à avoir accès au pouvoir, et en verrouillent toutes les possibilités d’accès…… ils filtrent le passage réservant les places à leurs seuls membres ou à celles et à ceux qui leur font allégeance afin d’avoir une chance d’êtres cooptés et ainsi le citoyen à moins de soumettre en est exclus. alors Force est de constater que la représentativité des partis qui propulsent systématiquement leurs membres au Pouvoir, n’est que d’apparence démocratique et que la légitimité dont se réclame leurs élus n’est fondée que sur une confiscation de la clef d’accès aux commandes de l’État.
Cette logique qui a très vite abouti à un véritable monopole, leur a permis de façonner dans le temps la pensée du citoyen électeur car les partis politiques, en devenant incontournables, ont imposé leur manière de voir la société et sont considérés aujourd’hui comme le reflet de l’opinion.
En stérilisant ainsi volontairement le débat d’idées en le ramenant à un simple instrument d’une stratégie d’accession au pouvoir ils confisquent notre citoyenneté.
A un point tel que lorsque quelqu’un s’exprime l’on a tendance à chercher l’étiquette partisane à laquelle l’on pourrait le rattacher, en rejetant instinctivement l’expression d’une pensée autonome car n’avoir aucune option partisane aujourd’hui semble aussi incongrue que se déclarer agnostique au moyen age.
De nombreux points ne seront pas abordés dans cet exposé déjà trop long et mériteraient d’y figurer, mais je suis sur que vous ne manquerez pas d’y remédier lors des débats.
Aussi, Je dirai pour conclure que le maintient à tout prix de l’illusion démocratique que représente la démocratie représentative est un impératif qui permet à une minorité de rejeter les exigences de justice sociale, de liberté et d’avancées démocratiques exprimées par la grande majorité des peuples.


RV GER – 2018

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